Prévention des risques liés aux fumées de soudage lors du championnat de France de soudure à Vierzon
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Lors de cette seconde édition du Championnat de France de soudure - Soudeurs 2.0, des représentants de la DREETS, de la CARSAT et des services de prévention et de santé au travail du Centre-Val de Loire ont tenu un stand d'information commun et ont animé une table ronde sur les risques professionnels liés aux fumées de soudage, ainsi que sur les moyens de prévention et de protection de ces risques.
Le « Championnat de France de Soudure – Soudeurs 2.0 » a pour ambition de mettre en lumière un métier encore trop méconnu et pourtant présent dans toutes les filières industrielles. Du train à l’avion, du pont au gratte-ciel, de la centrale nucléaire à l’éolienne..., dans tous ces secteurs, les soudeurs jouent un rôle clé.
Le métier conjugue à la fois savoir-faire, habileté et une grande rigueur. Il constitue une réelle opportunité d'emplois d'autant que beaucoup de postes de soudeurs demeurent aujourd'hui vacants faute de main d’œuvre qualifiée.
Sensibilisation aux risques liés aux fumées de soudage
Dans la continuité des travaux menés dans le cadre du Plan régional Santé au travail, des représentants de la DREETS, la CARSAT et l'APST du Cher étaient présents sur un stand pour accueillir les professionnels et les visiteurs dans le but de :
- Sensibiliser les soudeurs et leurs employeurs aux risques auxquels ils peuvent être exposés dans leur activité,
- Leur prodiguer conseils et bonnes pratiques de prévention des risques,
- Leur présenter les modalités d'accompagnement et les aides financières accessibles aux employeurs pour mettre en place des équipements spécifiques de prévention.
Des dépliants "comment prévenir les risques chimiques" à destination des employeurs et des salariés ont été distribués sur le stand.
La DREETS et les acteurs de la prévention en santé au travail de la région Centre-Val-de-Loire étaient présents au deuxième championnat national de soudure qui s'est tenu à Vierzon du 26 au 28 mai 2023.
Présents sur un stand, ils ont organisé et animé une conférence qui a rassemblé la CARSAT, l'APST 18, la DREETS et des fournisseurs de matériel de protection.
Ainsi, de nombreux conseils en prévention des risques d'exposition aux fumées de soudage ont pu être donnés.
Enfin, les missions de chacun et les accompagnements proposés ont pu être présentés à un public de professionnels sensibilisés au sujet.
Bonjour, je me présente : je suis Bruno Langot, contrôleur de sécurité à la CARSAT Centre-Val-de-Loire.
J’interviens principalement dans les entreprises des secteurs industrie et services pour la prévention des risques professionnels.
La CARSAT est l’assureur des entreprises contre les accidents du travail et les maladies professionnelles. Notre objectif est d’inciter les entreprises à réduire ces risques afin d’éviter ces situations.
Je suis le docteur Elie, médecin du travail à la PST 41 à Blois.
Le rôle du service de santé au travail est avant tout un rôle de prévention.
Pour cela, nous consacrons une part importante de notre temps aux interventions en entreprise et nous sommes accompagnés de préventeurs, notamment spécialisés dans les risques chimiques.
L’objectif est d’être conseillers auprès des salariés, des employeurs et des représentants du personnel, afin de mettre en place une prévention adaptée aux risques rencontrés dans chaque entreprise.
Je m’appelle Marine Paquet, je suis toxicologue au CIHL, service de santé au travail du Loiret.
Mon rôle consiste à accompagner les entreprises sur les sujets de prévention, et plus particulièrement sur le risque chimique.
Le risque correspond à la combinaison du danger et de l’exposition.
Le danger dépend du procédé de soudage (TIG, MIG, MAG), du métal de base (par exemple l’inox est plus dangereux que l’acier) et du métal d’apport, notamment les baguettes utilisées.
Plusieurs paramètres doivent être pris en compte pour évaluer ce danger.
Concernant l’exposition, on s’intéresse aux équipements de protection individuelle (EPI) et aux protections collectives mises en place.
L’objectif, pour les soudeurs, est d’éviter l’inhalation des fumées.
La solution idéale consiste à capter les fumées au plus près de la source, par exemple avec des torches aspirantes.
Il existe aussi des bras aspirants, mais ils sont parfois moins pratiques, car ils doivent être positionnés à une distance précise et suivent difficilement les mouvements du soudeur.
Il existe une aide appelée « subvention prévention » pour les entreprises de moins de 50 salariés.
Elle permet de financer jusqu’à 50 % de l’investissement, dans la limite de 25 000 euros, avec un plancher minimum de 1 000 euros.
Ce dispositif vise à encourager les entreprises à s’équiper. Un accompagnement technique est également proposé pour aider au choix du matériel et à la mise en place de solutions adaptées.
Le CIHL a également développé un outil appelé Amalrisk, qui permet d’évaluer les risques liés aux fumées de soudage en prenant en compte l’ensemble des paramètres de danger et d’exposition.
En ce qui concerne les effets sur la santé, le risque chimique peut entraîner des pathologies aiguës, notamment au niveau des poumons, comme des œdèmes pulmonaires dans certaines situations.
Mais surtout, il existe des pathologies chroniques à long terme.
Les fumées de soudage, une fois inhalées, passent dans la circulation sanguine et peuvent atteindre différents organes.
Elles peuvent notamment provoquer :
- des atteintes neurologiques (par exemple avec l’aluminium)
- des atteintes rénales
- des pathologies respiratoires comme l’asthme ou des bronchites chroniques
Les soudeurs bénéficient d’un suivi individuel renforcé en raison de ces risques.
L’objectif reste bien sûr la prévention, afin d’éviter l’apparition de ces pathologies.
Les salariés soudeurs sont généralement suivis tous les deux ans.
En pratique, ils consultent le médecin du travail tous les quatre ans, avec une visite intermédiaire réalisée par un infirmier en santé au travail.
Des risques graves pour la santé
"Les fumées de soudures lorsqu'elles sont respirées sont absorbées par les poumons et passent dans le système sanguin" indique Laetitia ELIE, médecin du travail à l'APST du Loir-et-Cher. "Elles peuvent atteindre ensuite différents organes, tel que le cerveau par exemple ou les reins. Au niveau pulmonaire, on va pouvoir avoir des formes d'asthme et de bronchites chroniques, équivalentes à celles constatées chez un fumeur. Selon les dernières données disponibles, l'inhalation de fumées contenant des particules métalliques peut même provoquer des cancers broncho-pulmonaires et du larynx".
Des aides pour évaluer le niveau de risque...
"Le CIHL du Loiret a mis en évidence qu'il était nécessaire d'être outillé pour évaluer le risque spécifique lié à l'inhalation des fumées de soudage" précise Marine PAQUET, toxicologue au CIHL. "Nous venons donc d'élaborer un outil que nous avons appelé "AMALRISK" et qui aide l'employeur à évaluer les niveaux de toxicité en fonction de plusieurs paramètres : le type de métal soudé (l'Inox par exemple est plus dangereux que l'acier), le type de baguette utilisée, l'environnement de travail..."
... et protéger les soudeurs
"Les salariés soudeurs bénéficie d'un suivi individuel renforcé par le service de prévention et de santé au travail compte tenu des risques de développement de pathologies induites par les fumées" poursuit le docteur Laetitia ELIE. "Ils bénéficient de visites médicales tous les deux ans. La visite dite intermédiaire est réalisée par une infirmière en santé au travail et la visite avec le médecin du travail a lieu tous les quatre ans".
"Il existe plusieurs systèmes de captation des fumées de soudage que l'employeur peut mettre en place pour éviter que les soudeurs les inhalent" souligne Bruno LONGO, contrôleur de sécurité à la CARSAT. "Il y a les bras aspirants, mais il faut les mettre à une certaine distance du point de soudage et ce n'est pas très pratique. Le mieux est d'utiliser les torches aspirantes qui agissent directement à la source des fumées. La CARSAT propose une aide financière pour les entreprises souhaitant acquérir ces systèmes de captation. Elle s'élève à 50% du montant investi pour les entreprises de moins de 50 salariés dans la limite de 25 000 euros. Cela peut inciter l'employeur à faire le premier pas. Par ailleurs, nous accompagnons aussi les entreprises dans le choix du matériel et dans les mesures à effectuer pour être sûr de disposer d'un matériel conforme".
La conférence-débat "Sécurité et fumées de soudage"
Cette conférence-débat s'est déroulée sur le site du championnat de France de soudage au parc exposition de Vierzon le vendredi 26 mai après-midi. Y ont été abordés le cadre réglementaire, les risques, les moyens de prévention et de protection et les aides financières liés aux fumées de soudage.
Visionnez la conférence-débat ! (durée 28 minutes)
Participants à la conférence débat :
Laurent Boy : Optrel
Romain Claude : Engmar
Elodie Devin : DREETS
Jeanne Guillot : CARSAT
Serge Masset : 3M
Julie Vonarx : APST18
LA DREETS et les acteurs de la prévention en santé au travail de la région Centre-Val-de-Loire étaient présents au deuxième championnat national de soudure qui s'est tenu à Vierzon du 26 au 28 mai 2023.
Présents sur un stand, ils ont organisé et animé une conférence qui a rassemblé la CARSAT, l'APST 18, la DREETS et des fournisseurs de matériel de protection.
Ainsi, de nombreux conseils en prévention des risques d'exposition aux fumées de soudage ont pu être donnés.
Enfin, les missions de chacun et les accompagnements proposés ont pu être présentés à un public de professionnels sensibilisés au sujet.
Merci d'être présents avec nous pour cette animation autour des risques du métier liés aux fumées de soudage.
Je vais passer le micro aux intervenants présents afin qu’ils se présentent eux-mêmes. Ce sera plus simple pour expliquer qui ils sont et ce qu’ils font.
Merci. Donc, Elodie Devin, ingénieure prévention à la Direction régionale du travail, au sein de la DREETS. J’interviens en appui technique auprès des agents d’inspection du travail sur le terrain. Nous rencontrons régulièrement l’activité de soudage et ses risques professionnels.
Bonjour à tous, je m’appelle Romain Claude, je travaille pour la société Angémar. Nous sommes concepteurs, fabricants et installateurs de solutions d’aspiration des fumées de soudage.
Bonjour, je m’appelle Julie Benard, de la PST 18. Je suis toxicologue industrielle.
Bonjour, Jeanne Guillaume, Carsat Centre-Val-de-Loire. Je suis ingénieure conseil en risques chimiques.
Bonjour, Serge Massé, je travaille chez 3M France, responsable technique sur les protections respiratoires et solutions de protection pour le soudage.
Bonjour, Laurent Bois, responsable des ventes France chez Optrel, fabricant de cagoules de soudage et de solutions de protection respiratoire individuelle.
Merci à vous. Nous allons aborder le thème des risques du métier de soudeur.
La conférence porte principalement sur les fumées de soudage, mais il est important de rappeler les autres risques liés à cette activité :
- risques biomécaniques (manutention, postures pénibles)
- brûlures cutanées et atteintes oculaires (rayonnements, projections de métal)
- atteintes auditives (bruit)
- risque d’asphyxie en espace confiné
- interférences avec les implants actifs
Concernant les fumées de soudage, elles sont générées lors du procédé et leur quantité varie selon les techniques et les matériaux utilisés. Par exemple, le procédé TIG est moins émissif que d’autres.
Ces fumées contiennent des polluants gazeux (monoxyde de carbone, oxydes d’azote, ozone) ainsi que des substances issues des revêtements ou contaminants des pièces (phosgène, formaldéhyde).
On retrouve également des particules fines, majoritairement issues du métal d’apport, pouvant atteindre des tailles nanoparticulaires.
Ces polluants peuvent entraîner divers effets :
- toxicité neurologique (aluminium)
- irritation (fluorures)
- effets pulmonaires (fer, cobalt, béryllium)
- effets cancérogènes (chrome, nickel notamment)
Depuis 2017, le Centre international de recherche sur le cancer classe les fumées de soudage comme cancérogènes avérés.
Sur le plan réglementaire, toute entreprise employant au moins un salarié doit évaluer les risques professionnels et les consigner dans le Document Unique.
Cette démarche implique :
- identifier les dangers
- analyser les situations d’exposition
- prioriser les actions
- établir un plan d’action écrit
La priorité reste :
- suppression du risque
- protections collectives
- protections individuelles
Dans le domaine du soudage, l’accent doit être mis sur le captage des fumées à la source.
Le document unique doit être mis à jour et conservé, et les salariés doivent être informés et formés aux dispositifs mis en place.
Le service de prévention et de santé au travail assure le suivi médical des salariés. Il intervient à travers :
- actions en entreprise
- conseils aux employeurs et salariés
- suivi individuel de santé
- veille sanitaire
Le suivi peut être simple ou renforcé selon les risques, notamment en cas d’exposition à des agents cancérogènes.
Des visites complémentaires peuvent être demandées, ainsi que des bilans de mi-carrière et de fin d’exposition.
Concernant les solutions techniques, la société Angémar propose des systèmes d’aspiration avec une approche en plusieurs étapes :
- analyse des besoins
- essais en situation réelle
- conception technique
- mise en œuvre
La priorité est donnée au captage à la source, notamment via des torches aspirantes ou des systèmes de captage adaptés.
Des solutions complémentaires existent :
- capteurs laminaires
- bras aspirants
- centrales d’aspiration
- ventilation générale des ateliers
Les équipements de protection individuelle (EPI) incluent :
- protection respiratoire
- protection oculaire et faciale
- protection auditive
Les cagoules de soudage modernes intègrent plusieurs fonctions et doivent être utilisées correctement et entretenues régulièrement pour garantir leur efficacité.
L’ergonomie est également essentielle afin de limiter les troubles musculosquelettiques.
Du côté de la prévention, la CARSAT propose :
- un accompagnement technique
- des mesures d’exposition
- des aides financières
Une subvention existe pour les entreprises de moins de 50 salariés afin de financer les systèmes de captage des fumées, sous certaines conditions :
- matériel neuf
- respect du cahier des charges
- évaluation des résultats
D’autres aides existent pour les entreprises jusqu’à 200 salariés.
Enfin, il est essentiel de développer une culture de la prévention dans le métier du soudage, encore insuffisante aujourd’hui.
Merci à tous les intervenants et merci à vous d’avoir suivi cette table ronde.
Nous vous invitons à visiter les stands pour découvrir les solutions présentées et obtenir plus d’informations.
Si vous soudez : protégez-vous.