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Quand l’insertion se fait dans le logement

| Publié le 7 avril 2022 | Dernière mise à jour le 13 avril 2022

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Fers de lance de la politique du logement d’abord, les pensions de famille et les résidences accueil permettent respectivement à des personnes en rupture sociale ou souffrant de troubles psychiques de s’installer durablement dans un logement adapté, avec l’accompagnement nécessaire à leur épanouissement. Soliha CVL et Passerelle 45 comptent parmi les acteurs régionaux qui déploient ces résidences sociales, véritables alternatives aux solutions d’urgence et à l’hébergement temporaire.

Un parcours semé d’embûches qui mène vers l’isolement, voire l’exclusion : c’est le point commun des habitants des pensions de famille gérées par Soliha CVL. Mais tous partagent aussi « l’envie de reprendre une vie normale », comme le confie Michel, qui réside à la Bazoche, à Tours, depuis quinze ans. C’est l’opportunité qu’offre l’association, avec ses «  six pensions de famille en Centre-Val de Loire et deux projets à Orléans et Chinon, soit 167 places à terme », annonce Olivier Latissiere, coordinateur des pensions de famille chez Soliha CVL.

Ces résidences à taille humaine aident des personnes isolées et autonomes à se reconstruire en leur permettant d’accéder à un logement pérenne, complété par des espaces communs (pièce de vie, cuisine, buanderie), de participer à des moments collectifs, notamment des repas partagés, et d’être accompagnées par des « hôtes » qui, outre la gestion et l’animation de la maison, peuvent les orienter vers les dispositifs de droit commun. Autrement dit, « vivre chez soi mais pas tout seul  », résume Delphine Picard, directrice des pensions de famille chez Soliha CVL. C’est d’ailleurs pour ça que les habitants, à l’instar de Patricia, depuis 2019 au Hameau Saint-Michel, à Tours, choisissent d’entrer dans une pension de famille.

Participation et émancipation

Le règlement intérieur a été co-écrit avec les habitants «  dans un objectif de participation et d’émancipation, explique Delphine Picard, pour les réinscrire dans une vie citoyenne ». Cette démarche de co-construction est également au cœur de la résidence accueil de Passerelle 45, à Chécy. Un groupe de travail associant des usagers de l’association avait été monté pour définir les contours de cette structure portée par les Résidences de l’Orléanais et destinée aux personnes atteintes de troubles psychiques, dont l’état est « stabilisé » par un accompagnement sanitaire. «  Nous leur offrons pour un temps indéterminé un logement adapté, dans un environnement protégé, pour les aider à se rétablir, tout en leur apportant un accompagnement individualisé sous la forme de soutien, d’orientation et de médiation, et en favorisant le contact social  », explique Florence Lacotte, coordinatrice RSLA chez Passerelle 45.

Les locataires eux-mêmes encouragent la convivialité, à travers leur association baptisée Les Balbuzards solidaires en référence à l’adresse des logements, qui a pour mission d’organiser des animations et des activités. « Le fait que les locataires décident est essentiel pour leur permettre de reprendre le contrôle de leur vie », souligne Florence Lacotte. En plus des 24 logements, une salle polyvalente accueille des activités associatives et des ateliers ouverts à tous. «  Loin d’une vie en vase clos, nous recherchons une porosité et des interactions avec le quartier et la commune  », assure Florence Lacotte. Ce que facilite l’implantation de la résidence à proximité du centre-bourg et du centre commercial, dans un écoquartier naissant.

380 places de plus dans la région

Le premier projet de ce type pour Passerelle 45 est une réussite. Les locataires apprécient « la sécurité, le confort, la convivialité, l’autonomie, le respect et l’amabilité  » pour Benoît, «  la liberté  » ajoute Soizic. Des contacts ont été noués pour de nouvelles résidences accueil dans le Loiret. Une bonne nouvelle au regard des besoins : « Nous avons reçu 100 dossiers de candidature pour 25 places…  », précise Florence Lacotte.

Les projets de création et d’extension des pensions de famille et des résidences accueil sont soutenus par le plan quinquennal pour le logement d’abord 2018-2022, qui vise à terme 10 000 places supplémentaires au niveau national, dont 380 en Centre-Val de Loire.
A fin 2021, 292 places avaient été créées depuis le début du plan quinquennal, dont 110 places en 2021. Cela porte le nombre de places de pensions de famille à fin 2021 à 928 places en région Centre- Val de Loire. 167 autres places devraient voir le jour en 2022. La Dreets assure l’animation et le pilotage de la répartition de ces places et prend en charge leur financement.