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L’AFPA forme des réfugiés aux métiers en tension de recrutement

| Publié le 28 octobre 2022

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Dans le cadre de la semaine nationale de l’intégration des étrangers primo-arrivants, l’AFPA Olivet (45) a organisé le 20 octobre dernier une journée portes-ouvertes lors de laquelle trois parcours d’insertion de réfugiés ont été présentés. Objectif : changer le regard du grand public sur les migrants et montrer que beaucoup sont en mesure d’occuper un emploi dans des entreprises qui peinent à trouver des candidats.

Plusieurs ateliers étaient organisés lors de cette journée afin que les visiteurs puissent échanger directement avec les réfugiés : un atelier culinaire où des ukrainiennes, en stage « Français langue étrangère » (FLE) durant 10 semaines à l’AFPA, étaient fières de faire découvrir des mets typiques de leur pays. Un atelier « mon premier course de perse » proposait au public de se mettre dans la peau de quelqu’un qui découvre une langue inconnue. « Je ne comprenais pas du tout le français quand je suis arrivée en France il y a 7 ans » explique Massoum, jeune afghane née en Iran, qui anime ce cours de Perse avec brio dans un français parfait.

Des savoirs de base en mathématiques, français, informatique…

Massoum, qui voudrait devenir expert-comptable, a intégré une formation Visa+ de 10 semaines destinée à une dizaine de stagiaires souhaitant acquérir des savoirs de base, selon les besoins de chacun, en mathématiques, français, informatique… « Cette formation intègre aussi des visites d’entreprise et un accompagnement pour que les stagiaires soient à même de construire leur projet professionnel  » précise Hubert PORRAZ, conseiller en transitions professionnelles et référent pédagogique du parcours Visa+. « J’ai eu la chance d’avoir un groupe très proactif qui a choisi de s’investir à fond dans un projet collectif fédérateur : la réalisation d’un guide d’accueil, traduit en 5 langues, pour tous les stagiaires qui intègrent l’AFPA et qui ne connaissent pas Orléans. Cela n’était pas gagné au départ car sur les 10 participants, je n’avais que 4 francophones. Les autres parlaient arabe, perse, anglais et ne possédaient pour la plupart que des rudiments de français. Mais grâce à la dynamique de groupe et à l’entraide entre chacun, la barrière de la langue a pu être progressivement levée  ».

HOPE : un parcours novateur d’insertion

Un autre atelier proposait de découvrir de manière ludique le parcours d’insertion HOPE (Hébergement - Orientation - Parcours vers l’Emploi des personnes réfugiées) qui est composé de 400 heures de Formation en « français langue étrangère » (FLE) et de 450 heures de formation vers des métiers faisant face à des difficultés de recrutement. Durant les 8 mois du parcours, les stagiaires bénéficient en plus d’un accompagnement global (administratif, social, médical, citoyen, etc.).
« Nous accueillons depuis le 11 octobre dernier notre 6ème promotion HOPE, la promotion « Joséphine Baker », composée de 22 stagiaires » annonce fièrement Valérie GIRARD, Directrice de l’AFPA du Loiret et du Loir-et-Cher. Cette promotion suivra une formation préparant au métier de peintre façadier ou à celui de préparateur de commande en entrepôt logistique, deux métiers en tension de recrutement sur la métropole orléanaise qu’ont identifiés les professionnels de l’emploi-formation dans le cadre du Comité local de développement de l’emploi (CODEVE). « Nous avons accueilli depuis 2017 dans le cadre de HOPE 155 réfugiés qui ont tous pu intégrer rapidement une entreprise. J’envisage à ce sujet de tous les réunir prochainement pour voir où ils en sont dans leur parcours professionnel ».

L’accompagnement post-emploi : une nécessité

Reste qu’il demeure encore quelques freins récurrents à une insertion professionnelle réussie de tous les étrangers primo-arrivants. En premier lieu il apparait que beaucoup d’entre eux, une fois la formation suivie, ont besoin encore d’un soutien lors des premiers mois d’intégration dans l’entreprise qui les accueille. « Cet accompagnement après l’entrée en emploi est primordial » souligne Géraud TARDIF, directeur départemental de la DDETS du Loiret. « Or, les chefs d’entreprise nous disent qu’ils n’ont pas le temps de les accompagner ». « Ce problème va pouvoir être réglé par le déploiement en cours du programme AGIRqui systématise l’accompagnement vers l’emploi et le logement des bénéficiaires de la protection internationale (BPI) » souligne le Sous-Préfet d’Orléans.
Lancé par les ministères de l’intérieur, du travail et la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL), ce programme offre aux personnes réfugiées durant une période de 2 ans un soutien dans l’accès à leurs droits : droit au séjour, prestations sociales et familiales, accès à la santé, soutien à la parentalité, accès à un compte bancaire, accès à un emploi et un logement. Il a commencé à être mise en œuvre en 2022 dans le Loiret et le Loir-et-Cher, et sera effectif dans tous les départements de la région en 2024.
Autre problème récurrent : les freins à la mobilité pour des réfugiés qui ne disposent pas souvent de leur propre moyen de transport. La Préfecture travaille sur ce sujet avec le Conseil départemental et un projet de plateforme « mobilité inclusive » proposant des voitures électriques en location devrait voir le jour en 2023.