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A quand le plein emploi pour les personnes en situation de handicap ?

| Publié le 17 novembre 2022 | Dernière mise à jour le 22 novembre 2022

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A l’occasion de la Semaine pour l'Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH) du 14 au 20 novembre dernier, la Préfète de région a rappelé, lors d’une conférence de presse, que les employeurs devaient plus que jamais donner leur chance aux 15 500 demandeurs d’emploi en situation de handicap en Centre-Val de Loire. Ceux-ci sont en mesure d’apporter à l’entreprise des compétences et un savoir-faire susceptibles de résoudre les difficultés de recrutement enregistrées par de nombreux secteurs.

« Je l’ai redis aux Présidents des CCI récemment, nous devons tous nous mobiliser pour que les entreprises de plus de 20 salariés atteignent enfin le taux de 6% de personnes handicapées dans leurs effectifs tel que le stipule la loi  » martèle d’emblée Régine Engström, Préfète de région. A ce jour, ce taux n’est que de 3,9% pour les 3500 entreprises de la région assujetties à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés et le taux de chômage de ces derniers est le double que celui enregistré pour l’ensemble des demandeurs d’emploi.

93% des entreprises agissent déjà mais pour beaucoup encore insuffisamment

Pour satisfaire leur obligation, les employeurs peuvent recruter des personnes ou accueillir des stagiaires en situation de handicap mais aussi sous-traiter des prestations auprès des entreprises adaptées ou des ESAT ainsi que recourir à des travailleurs indépendants handicapés. « 93% des entreprises de plus de 20 salariés s’acquittent de leur obligation en recourant, ne serait-ce que partiellement à une ou plusieurs de ces solutions  » précise Arnaud Lévêque, directeur régional de l’association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH). «  Elles ne sont que 7% à se contenter de nous verser de manière passive leur contribution financière pour non- respect de leur obligation d’emploi  ».

Changer le regard des employeurs et du grand public

«  Les personnes handicapées peuvent occuper une grande diversité d’emplois que l’on ne soupçonne pas » poursuit Arnaud Lévêque qui a organisé du 14 au 19 novembre dernier un tour de la région à bord d’un car podium, pour sensibiliser le grand public sur la thématique du handicap à travers des mise en situation, des vidéos, des témoignages...

Mais attention ! s’il est primordial de favoriser l’inclusion des personnes handicapés via l’emploi quel que soit sa forme (CDI, CDD, intérim…), « il faut aussi permettre à ces personnes d’avoir accès à des formations qualifiantes pour qu’elles ne restent pas éternellement dans des emplois précaires et peu rémunérés  » souligne pour sa part Vincent Poumerol, directeur régional de LADAPT, association qui accompagne au quotidien chaque année en France plus de 18 000 personnes en situation de handicap.
Il évoque également l’enquête IFOP-LADAPT 2022 « Femmes, Handicap et Travail », qui révèle qu’être une femme en situation de handicap s’apparente à une double peine, car une femme a deux fois plus de risque d’être sans emploi qu’un homme en situation de handicap. "Les femmes sont plus souvent en situation précaire car davantage exposées aux emplois précaires et à temps partiels. C’est un autre combat pour l’égalité homme/femme que mène LADAPT."

Mobilisation tous azimuts des pouvoirs publics

« Pôle emploi avec l’expertise de Cap emploi a créé l’an passé des guichets uniques pour améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi reconnus travailleurs handicapés et nous allons travailler aussi dans ce sens avec les maisons France service » indique la Préfète de région. « Par ailleurs, des référents handicap existent désormais dans tous les centres de formation d’apprentis de la région et nous allons tout faire pour que les demandeurs d’emploi en situation de handicap profitent pleinement de l’essor continu de l’apprentissage depuis 3 ans en Centre-Val de Loire  ».

A noter aussi le succès enregistré par l’expérimentation des CDD Tremplin qui permet à des salariés handicapés en entreprise adaptée de suivre des formations et de bénéficier d’une expérience professionnelle (sur 2 ans maximum) afin de pouvoir rejoindre ensuite plus facilement une entreprise du milieu ordinaire. 170 personnes salariées au sein de 27 entreprises adaptées (sur 37 existantes en Centre-Val de Loire) en ont profité en 2022.

Sans oublier la création récente dans le cadre du Plan régional d’insertion des travailleurs handicapés (PRITH) du « Comité des personnes concernées », instances consultatives composée de près de 400 personnes en situation de handicap invitées à orienter les politiques publiques d’emploi et de formation qui les concernent en partant de leurs propres besoins.

Deux employeurs de TPE témoignent
Si les entreprises de moins de 20 salariés ne sont pas soumises à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés, beaucoup d’entre elles se mobilisent d’ores et déjà, à l’instar des dirigeants de deux entreprises, « Graphic Events » et « Au pays des vermeilles », qui ont pu témoigné lors de la conférence de presse avec leurs salariées en situation de handicap.
«  Laetitia qui a été à l’école pour les sourds a débuté 3 semaines en stage chez nous puis nous l’avons embauchée le 5 septembre dernier en CDI  » explique M. MASSE, directeur de Graphic Events à Saint-Cyr-en-Val (45). « Laetitia est très minutieuse et s’occupe du contrôle de qualité. On a décidé de former nos salariés volontaires au langage des signes pour que Laetitia se sente moins isolée  ».

« Nous sommes une société de service d’aide à domicile et nous sommes en perpétuelle recherche de candidats » précise pour sa part Magali AMRANI, directrice de Au pays des vermeilles à Olivet (45). « Nous accompagnons au quotidien des personnes malades, handicapées ou âgées. La forte motivation et les qualités relationnelles de Ruth, 20 ans, dyslexique, m’ont convaincu et nous avons choisi de l’embaucher en contrat d’apprentissage  ». « Je fais des activités de ménage, de toilettes aux personnes et cela me plaît  » confie Ruth qui espère obtenir un diplôme d’assistante de vie aux familles.