Vers l’emploi durable avec le Marché vert et solidaire

| Publié le 8 décembre 2021 | Dernière mise à jour le 14 décembre 2021

  • Envoyer a un ami
  • facebook twitter
Depuis 1981, l’Association pour les personnes handicapées du Perche (APHP), basée à Cormenon dans le Loir-et-Cher, ne cesse d’élargir son champ d’action. Dédiée historiquement à l’accompagnement de ce public, elle a créé en 2021 une entreprise d’insertion pour les personnes éloignées, voire exclues de l’emploi. Le Marché vert et solidaire répond ainsi à un réel besoin dans le nord du département.

De par sa vocation sociale et son ancrage local, l’APHP est en permanence à l’écoute de son territoire. Après l’accompagnement des personnes en situation de handicap, l’ouverture d’un établissement et service d’aide par le travail (Esat Arcade) et avant la création d’un habitat inclusif pour les personnes âgées, l’association a monté en 2021 une entreprise d’insertion implantée à Épuisay. La seule à 20 kilomètres à la ronde dans cette zone rurale. «  L’idée est née d’un besoin, raconte Loïc Tytgat, directeur de l’APHP, et le plan de relance, avec l’augmentation des fonds destinés à l’insertion, nous a permis de la concrétiser.  » Retenu suite à un appel d’offre du fonds départemental d’insertion (FDI), le projet, qui nécessite un investissement de 450 000 euros, voit le jour grâce aux financements de la direction départementale de l’Emploi, du Travail, des Solidarités et de la Protection des populations (DDETS-PP) et du conseil départemental de Loir-et-Cher : le Marché vert et solidaire ouvre en avril 2021.

Une démarche bienveillante et valorisante

L’entreprise d’insertion ne part pas de zéro. «  Nous avons racheté une structure existante et mis à profit l’expertise acquise à l’Esat en matière d’accompagnement socioprofessionnel  », souligne Loïc Tytgat. Le recrutement vise des chômeurs de longue durée, des allocataires du RSA, des personnes sortant de détention… « Lors de l’entretien d’embauche, mené dans une démarche bienveillante et valorisante, nous cherchons à identifier, à travers le parcours de vie du candidat, ses compétences, ses appétences, son savoir-être. »
La convention annuelle signée avec la DDETS-PP 41 et le Département permet de financer l’embauche, à travers des contrats de quatre mois renouvelables, de personnes en difficulté d’insertion professionnelle sur 8 postes en équivalent temps plein (ETP). Ces postes sont répartis entre la vente en magasin de produits de jardinage (plantes, légumes, matériaux…), la création et l’entretien d’espaces verts et l’hygiène et la maintenance de locaux pour les particuliers, les professionnels et les collectivités. Les premiers efforts portent sur la rénovation de la boutique, la diversification des produits proposés et le développement de la notoriété de la nouvelle structure. « Nous sommes une entreprise qui doit vivre », rappelle le directeur.

Mutualisation avec l’Esat

Les salariés acquièrent les pratiques professionnelles avec des encadrants techniques mutualisés avec l’Esat. « L’objectif n’est pas qu’ils deviennent des experts mais qu’ils soient capables d’intégrer une entreprise en milieu ordinaire, d’y rester, d’évoluer » Le rapprochement avec l’Esat va plus loin, avec la mixité des équipes qui rassemblent travailleurs handicapés et personnes en insertion. «  C’est mutuellement bénéfique, observe Loïc Tytgat. Nous espérons aussi que cette expérience suscite chez les personnes en insertion des vocations pour les métiers de l’aide, qui peinent à recruter. »
Le démarrage est «  poussif », de l’aveu même du directeur, qui compte sur une stabilisation en 2022. Des ajustements sont déjà prévus. « Nous allons abaisser le temps de travail hebdomadaire à 28 heures afin de laisser aux salariés une journée par semaine pour effectuer leurs recherches d’emploi et gérer leurs difficultés personnelles. » Toujours avec un suivi social, tous les huit ou quinze jours, et un coup de main si besoin… L’accompagnement s’étire le plus souvent sur un an, deux au maximum. La convention 2022 prévoit l’accueil de 10 ETP. « C’est peut-être ambitieux, reconnaît Loïc Tytgat, mais nous ne voulons pas avoir à nous priver face à des opportunités en termes d’activité ou d’embauches. »

Pour plus d’informations : https://assoaphp.fr/